Ondine (démontée) (2015)

26 octobre 2015

Résumé :

D'après Jean Giraudoux et après Isabelle Adjani

Choix étonnant s’il en est… vu la réputation d’un Giraudoux ringard et désuet. Armel Roussel fantasme pourtant cette pièce depuis qu’il a vu l’enregistrement de celle-ci montée à la Comédie Française en 74 avec Isabelle Adjani.

Après son Ivanov Re/Mix, version revisitée et très remarquée de l’œuvre de Tchekhov, Armel Roussel s’attèle donc à une nouvelle pièce du répertoire avec cette version démontée d’Ondine. Son travail est dans la même lignée que celle qu’on lui connaît. Il oscille entre une certaine forme de folie classique et d'invention performative. Onze acteurs interprètent dix-huit rôles : les rôles peuvent s’échanger, certains acteurs masculins jouent plusieurs rôles, y compris des rôles féminins. La nudité et les scènes audacieuses y ont aussi part belle, traduisant la volonté d’Armel Roussel de travailler sur l’ « art dégénéré ».

La beauté sera érotique-voilée, explosante-fixe, magique-circonstantielle ou ne sera pas. Le sort du spectacle réside aussi dans cette phrase d’André Breton (L'Amour fou,1937).

Hors norme, Ondine est une œuvre cruelle et naïve, pure et kitsch à la fois, hallucinée et grave, et terriblement surprenante. Elle résonne aujourd’hui dans ce qu’elle dit des manques de notre époque. Elle parle d’amour et d’incertitude, un peu à la manière d’un Jacques Demy, enchanté, en-chanté, libre et rigoureux. Elle questionne l’impossibilité de la perfection et de la pureté humaines et amoureuses.

Afin de retranscrire ces émotions et questionnements empreints du texte d’origine, Armel Roussel adaptera l’écriture et nous la tendra dans une féérie en trois actes/univers : tragi-comique néoclassique, baroque/ divertimento pour le peuple, mélodramatique futuriste aryen punk et romantique de bon aloi. Gravité et humour libérateur oscillent pour retrouver ce moment festif à partager, ingrédients indissociables du travail d’Armel Roussel

Crédits :

Adaptation, scénographie et mise en scène Armel Roussel // Assistant à la mise en scène Julien Jaillot // Ecriture et jeu Allan Bertin, Yoann Blanc, Lucile Charnier, Romain Cinter, Julien Jaillot, Amandine Laval, Vincent Minne, Sophie Sénécaut, Lode Thiery, Judith Williquet, Lise Wittamer // Scénographie et direction technique Nathalie Borlée // Création lumières Amélie Géhin // Création son Pierre Alexandre Lampert // Création costumes Coline Wauters // Création du film Auguste et Violante Bram Droulers // Vidéos Laure Belkini et Eve Martin // Chorégraphie Clément Thirion // Coaching bruitage Céline Bernard // Conseillère dramaturgique Mari-Mai Corbel // Régie générale et vidéo live Michel Delvigne // Chargée de production Gabrielle Dailly

Une création de Armel Roussel / [e]utopia3 en coproduction avec le Théâtre Les Tanneurs et le Centre Dramatique de Haute Normandie. Avec l’aide de la Fédération Wallonie-Bruxelles – service général des Arts de la Scène – Service Théâtre, le Centre des Arts Scéniques (CAS), la Commission Communautaire Française, Wallonie Bruxelles International, Wallonie Bruxelles Théâtre/Danse, le Théâtre de Liège et le Théâtre de Vanves.

Presse 

  • En 2015, Armel Roussel met en scène Ondine (démontée), une pièce qui s’approprie le texte de Giraudoux pour en faire une œuvre nouvelle. S’emparant de nos maux contemporains pour mieux les tourner en dérision, Ondine (démontée) propose un regard neuf sur notre société (paranormale). L’originalité de la mise en scène d’Armel Roussel est de mettre à nu les dispositifs scéniques et de les mêler au spectacle. Les décors, les accessoires, la lumière, le sound design sont aussi invités à prendre place sur scène. Des acteurs-assistants contrôlent le vent, la pluie, le tonnerre pendant que d’autres jouent. Ces effets prennent alors la forme d’un nouveau personnage, mutant entre réalité et artificialité. Tout cela n’est pas sans surprendre et donner une nouvelle approche du texte de Giraudoux, celle d’une fable moderne. Julie De Wispelaere - Le Suricate magazine - mars 2015
  • Ecrite par Jean Giraudoux en 1939, «Ondine» est une pièce d’un romantisme proche du kitch. Le metteur en scène Armel Roussel se saisit du texte de Giraudoux pour en faire un objet théâtral peu identifié. En 3 actes aux univers différents, il mélange dispositif scénique et spectacle - ce sont des assistants/acteurs qui font les bruitages-, invite le public à participer à une flashmob, fait jouer les comédiens dans les gradins, plonge le spectateur dans une mise en abîme via un écran. Onze comédiens - Sophie Sénécaut, Yoann Blanc et Vincent Minne sont particulièrement brillants - jouent dix-huit rôles dont certains s’échangent afin d’achever le travail de destruction de l’œuvre attaquée à grands renforts d’artifices, de corps nus et de scènes cocasses voire drôles. Ca déménage. Didier Béchard - L’écho - le 3 mars 2015

Interview 

Interview : « Une féerie politique »

Prenant des libertés avec le texte original, Armel Roussel donne sa version, quasi sadienne, d’Ondine de Jean Giraudoux

Cette pièce est très rarement mise en scène. Vous avez sûrement une idée derrière la tête en abordant ce texte ?

C’est une pièce qui me poursuit. Dès mes débuts en fait, j’ai hésité à la mettre en scène. Je l’ai découverte en regardant la vidéo de la Comédie Française avec Isabelle Adjani. Il y a quelque chose de fulgurant dans son jeu qui tranche avec l’esthétique un peu carton-pâte du spectacle. Depuis, je n’ai cessé de penser à cette pièce.

Vous en faites une adaptation ?

Ca s’appelle Ondine (démontée) et si je m’y attaque aujourd’hui, c’est parce que, depuis janvier 2015, le texte est dans le domaine public. La pièce sera donc en partie réécrite. Je garde la trame, l’histoire d’une créature venue d’ailleurs désireuse de s’humaniser mais qui est finalement rejetée comme étrangère. Elle repart dans son propre monde mais son passage laisse des traces. Le jeu d’Isabelle Adjani, cette façon d’être là comme si elle venait d’ailleurs, m’évoque ça.

La pièce a été créée en 1939, dans une mise en scène de Louis Jouvet. Drôle de moment pour monter une « féérie » ?

Quoiqu’on en pense, la pièce est plutôt perverse sous ses allures de féérie. Presque sadienne en fait. Pour Ondine, plaisir et souffrance ne sont pas antinomiques. La pièce pose par ailleurs la question de l’identité. Ondine est une créature qui vient d’un monde immémorial, un monde d’avant la religion, ce qui en fait un personnage assez subversif. En ce sens, elle sert de révélateur. Quelle est cette humanité au milieu de laquelle elle se trouve soudain ? De quel monde humain parle-t-on ? Si féérie il y a, le spectacle sera d’abord une féérie politique

Vous travaillez en association étroite avec le Théâtre Les Tanneurs à Bruxelles. Comment ça se passe ?

En 2009, David Strosberg, qui venait d’être nommé à la direction de ce lieu, m’a proposé d’être artiste associé. Il a impulsé une dynamique qui a fait beaucoup pour ce lieu. Un esprit de recherche, d’accueil, de soutien à des artistes émergents. Nous échangeons beaucoup. David travaille de façon moins hiérarchisée qu’il est de coutume dans les théâtres francophones. Une approche collégiale, ouverte, qui me convient parfaitement.

Propos recueillis par Hugues Le Tanneur – les Inrockuptibles – janvier 2015

[e]utopia

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[e]utopia est une compagnie subventionnée par la Fédération Wallonie/Bruxelles – Service Théâtre.
[e]utopia est en résidence administrative au Théâtre Varia. Armel Roussel est artiste associé au Théâtre Varia à Bruxelles et au Théâtre du Nord à Lille.
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