Nothing hurts (2010)

26 octobre 2010

Résumé :

Texte de Falk Richter, traduction de l'allemand en français par Anne Monfort

Pierrick De Luca, nominé meilleur espoir masculin au prix de la Critique théâtrale 2012

2 hommes et 2 femmes se retrouvent dans un lieu non-identifié, à une heure pâle, pour encore se faire vivre, s'inventer et raconter des histoires, réelles ou fictionnelles ou pour être plus exact, sans savoir précisément où est encore le réel et s'ils sont dans le fictionnel. C'est une sorte d'"after" suspendue sur de l'électro. L'after d'une nuit floue parce qu'on ne sait plus bien ce qui s'est passé, ni si on existe encore, ni même qui on est. C'est une proposition post-traumatique, comme après un accident de voiture, dans ce moment d'hébétude où on tate son corps, où l'autre est une ombre attirante ou repoussante, où l'on tente de se faire vivre encore un peu, en se créant un ailleurs mental fantasmé. C'est tenter de se décoller de son corps. C'est tenter de décoller tout court.

C'est l'histoire de gens qui s'injectent de la fiction comme une drogue pour pouvoir encore ressentir quelque chose. Et qui s'accompagnent dans leurs solitudes respectives. C'est à dire que ça raconte encore le lieu d'une solidarité, et même d'un certain romantisme, peut-être d'une génération insatisfaite parce qu'on la vide de son sens. Peut-être d'un début de fin d'humanité... Les clichés visuels que ces personnages décrivent sont ceux des films d'aujourd'hui mais aussi d'hier. Ils sont à la fois beaux ,terribles et ridicules. Le spectacle est donné sans cynisme et sans jugement; c'est une proposition qui vient explorer de l'intérieur une forme de désespérance.

Nothing Hurts est une forme de happening textuel qui dépasse sa simple représentation. C'est une proposition poétique construite comme un rêve sous LSD dans un environnement brut. Le happening s'inscrit en échappées fictionnelles sur de la musique électro ininterrompue; pourtant le "réel" est bien là, avec l'absence de sens concret, c'est à dire de ressenti, de dire "je t'aime" ou de vouloir "être proche" ou de pouvoir encore s'identifier physiquement dans son corps.

Voir le trailer.

Crédits :

Mise en scène: Armel Roussel// Stagiaire à la mise en scène : Lucie Guien// Conseiller artistique: Yoann Blanc// Technique et lumières : Nathalie Borlée// Jeu: Pierrick De Luca, Vanja Maria Godée, Yaël Steinman et Mathias Varenne// Crédit photographique et captation du spectacle : Zeno Graton

Un spectacle de Utopia 2. Créé au GRÜ/Théâtre du Grütli (Genève/Suisse) en février 2010. Avec le soutien de Théâtre et Publics. Avec l'aide du Ministère de la Communauté Française - Service du Théâtre.

L'Arche Editeur est agent Théâtral du texte représenté.

Presse 

  • L’écriture de cet auteur allemand, Falk Richter -…- va bien à Armel Roussel, comme un compagnon de route à sa pièce Si demain vous déplaît. En commun ? Le fait de réussir, sans pathos, ni clichés, à taper dans le mille de notre époque confuse, de ses hommes largués dans un monde « global-virtuel-capitaliste ». Un cri silencieux semble ralentir les personnages. « Je n’ai pas demandé ça ? Et moi, je fais quoi là ? ». A cette anxiété diffuse se mêlent aussi humour, films, chansons et autant de mots qui interpellent des rêves (et en fracassent au passage) et poussent parfois au délire. Les personnages recherchent alors une authenticité, des sentiments. L’Agenda – 15.09.2011 
  • Pour ceux qui suivent et aiment le metteur en scène Armel Roussel, depuis 15 ans (1996, Roberto Zucco) il ne faut pas rater sa nouvelle tentative, Nothing hurts, bien dans sa logique : trouver une forme particulière pour chaque texte et chaque univers évoqué. Avec une prédilection pour parler d’une jeunesse, sinon désabusée, du moins en recherche désespérée du sens de la vie. Christian Jade (RTBF.be) – 09.2011
  • Rien à craindre, aucune blessure, ni physique, ni morale, ni d'amour-propre. Mais des secousses tout de même, voire des chocs dont on ne sort pas tout à fait indemne. Avec un quatuor de comédiens tout frais - on devrait dire plutôt tout chaud - sorti des études, Armel Roussel réussit, encore, à nous surprendre. […] Armel Rossel pousse quatre jeunes talents plus que prometteurs à aller jusqu'au bout de leurs possibilités. Les personnalités de Vanja Maria Godée et Yaël Steinmann sont peut-être encore plus marquantes que celles de leurs partenaires mâles : Pierrick De Luca et Mathias Varenne, mais on a peine à croire qu'ils viennent tous de sortir de leur "Ecole des Acteurs" (de Liège). […] Dans la sobriété, l'absence de moyens techniques sophistiqués, le spectacle aux allures de happening prend aux tripes, prend comme un "bad trip". On perçoit plus viscéralement ici que le grand thème - qui sous-entend les oeuvres de Richter comme celles d'autres auteurs qu'il porte à la scène - est cette fameuse incommunicabilité des humains entre eux. Suzanne Vanina – Rue du Théâtre – 23.09.2011
  • Prévenons le lecteur d’emblée, pas question ici d’histoire linéaire : il vous faudra lâcher prise face à ces divagations délirantes, sorte de fantasmes sous LSD, de poèmes opiacés. Catherine Makereel, le Soir-20.09.2011

Interview :

EXTRAIT D'UNE INTERVIEW D'ARMEL ROUSSEL A PROPOS DU SPECTACLE (30.08.2011)

Falk Richter se sert de la vidéo pour construire ses textes et mises en scène, à l’inverse tu prônes une “scénographie naturelle”, qu’entends-tu par là ?

J’ai choisi un parti pris radicalement éloigné des mises en scène de Falk Richter, peuplées de vidéos et de mises en situations diverses. (…) J’ai voulu travailler sur des images mentales. Ainsi, pour les personnages tout devient fantasmatique. Dans cette mise en scène, l’accent est mis sur ce qui n’est pas représenté. Par exemple, l’extérieur, réel, bien que présent ne constitue pas un décor mais le moyen de gommer toute théâtralité.

Nothing Hurts est-il dans une continuité ou en rupture avec tes précédentes créations ?

En écho avec les recherches amorcées dans mes derniers spectacles, Nothing Hurts est une proposition minimaliste, dépouillée, dans la même veine que Ivanov Re/Mix notamment. Une mise en scène proche à laquelle on assiste en petit comité tout en buvant de la caïpirinha…

Comment cette création questionne-t-elle les liens entre fiction et réalité ?

Il s’agit d’une performance où le décor ne peut être que la réalité et où les personnages doivent s’inventer complètement. Placés dans un contexte unique, suivant le cours naturel de la tombée du jour, quatre jeunes gens s’interrogent sur le sens des mots, deviennent tour à tour journaliste ou DJ, se projettent ailleurs, sans que la mise en scène ait à rendre visible ou à expliquer la situation.

[e]utopia

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N° entreprise: 0451.262.113
[e]utopia est une compagnie subventionnée par la Fédération Wallonie/Bruxelles – Service Théâtre.
[e]utopia est en résidence administrative au Théâtre Varia. Armel Roussel est artiste associé au Théâtre Varia à Bruxelles et au Théâtre du Nord à Lille.
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