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Nothing hurts

Nothing hurts

Texte de Falk Richter, traduction de l'allemand en français par Anne Monfort  

Pierrick De Luca, nominé meilleur espoir masculin au prix de la Critique théâtrale 2012

2 hommes et 2 femmes se retrouvent dans un lieu non-identifié, à une heure pâle, pour encore se faire vivre, s'inventer et raconter des histoires, réelles ou fictionnelles ou pour être plus exact, sans savoir précisément où est encore le réel et s'ils sont dans le fictionnel. C'est une sorte d'"after" suspendue sur de l'électro. L'after d'une nuit floue parce qu'on ne sait plus bien ce qui s'est passé, ni si on existe encore, ni même qui on est. C'est une proposition post-traumatique, comme après un accident de voiture, dans ce moment d'hébétude où on tate son corps, où l'autre est une ombre attirante ou repoussante, où l'on tente de se faire vivre encore un peu, en se créant un ailleurs mental fantasmé. C'est tenter de se décoller de son corps. C'est tenter de décoller tout court.

C'est l'histoire de gens qui s'injectent de la fiction comme une drogue pour pouvoir encore ressentir quelque chose. Et qui s'accompagnent dans leurs solitudes respectives. C'est à dire que ça raconte encore le lieu d'une solidarité, et même d'un certain romantisme, peut-être d'une génération insatisfaite parce qu'on la vide de son sens. Peut-être d'un début de fin d'humanité... Les clichés visuels que ces personnages décrivent sont ceux des films d'aujourd'hui mais aussi d'hier. Ils sont à la fois beaux ,terribles et ridicules. Le spectacle est donné sans cynisme et sans jugement; c'est une proposition qui vient explorer de l'intérieur une forme de désespérance.

Nothing Hurts est une forme de happening textuel qui dépasse sa simple représentation. C'est une proposition poétique construite comme un rêve sous LSD dans un environnement brut. Le happening s'inscrit en échappées fictionnelles sur de la musique électro ininterrompue; pourtant le "réel" est bien là, avec l'absence de sens concret, c'est à dire de ressenti, de dire "je t'aime" ou de vouloir "être proche" ou de pouvoir encore s'identifier physiquement dans son corps. 

Mise en scène: Armel Roussel// Stagiaire à la mise en scène : Lucie Guien// Conseiller artistique: Yoann Blanc// Technique et lumières : Nathalie Borlée// Jeu: Pierrick De Luca, Vanja Maria Godée, Yaël Steinman et Mathias Varenne// Crédit photographique et captation du spectacle : Zeno Graton.

Un spectacle de Utopia 2. Créé au GRÜ/Théâtre du Grütli (Genève/Suisse) en février 2010. Avec le soutien de Théâtre et Publics. Avec l'aide du Ministère de la Communauté Française - Service du Théâtre.

L'Arche Editeur est agent Théâtral du texte représenté.