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Focus / carte blanche

Focus / carte blanche

Ces focus / carte blanche ne sont pas un spectacle au sens classique du terme (ce qui fait partie des propositions de départ du Théâtre Les Tanneurs). Ceux-ci sont travaillés en invitant d'autres créateurs, et en créant des soirées différentes tous les soirs...

Au Théâtre les Tanneurs, sont repris des créations et work in progress d'Armel Roussel / [e]utopia3, des soirs de petites surprises, une après-midi de mises en voix, un concert, deux performances et deux créations de jeunes sortis de l’Insas, Jean-Baptiste Calame et Salvatore Calcagno. Armel Roussel occupe ainsi le théâtre et y rassemble. Entre eux et lui, il ressent un lien qui se rapproche d’une sourde inquiétude face au monde mêlée à un certain humour. Chacun d’entre eux vont pour lui et comme lui au bout de leur geste et proposent un travail à la fois singulier et accessible, un travail de recherche populaire en quelque sorte.

Le théâtre de Vanves (Paris) a repris dans la foulée le focus, à quelques différences prêt. Pas de performances ni de mises en voix de Sarah Berthiaume (étant en exculsivité au Théâtre de la Coline sur la France) mais 2 spectacles de plus, celui de Florence Minder et celui de Uiko Watanabe.

LES PROGRAMMES :

NOTHING HURTS / Armel Roussel

IVANOV RE/MIX / Armel Roussel

MELO (work in progress) / Armel Roussel

L'ARCHEOLOGIE ET L'ECRAN PLAT / JB Calame

J’avais fait un rêve. Le monde était devenu plat. Il fallait revenir à pied de ce futur aplatit, sans glisser dans quelque-chose comme l’abîme. Et la vie continuait avec ses avions lancés entre les mondes, par-dessus des lacs trop lourd. C’était une métaphore : une métaphore à creuser évidemment, comme le fossile s’imprime. Voilà pourquoi l’archéologie devient évidente aujourd’hui. Pas pour hier, mais pour le périple sexy et compliqué  qui commence par un rêve évidé.

La pièce va parler de ce rêve en dessous du cerveau, que le cerveau aurait quitté comme un coquillage ou une coquille d’œuf.

Jean-Baptiste Calame. Né en Suisse en 1985. Il a fait des études de biologie avant de poursuivre dans le théâtre, en Belgique, à l’INSAS, dont il est sorti en 2010. Ses spectacles, qu’il écrit et met en scène, sont conçus comme des objets détonants, dont le thème est souvent la « magie du théâtre », qu’il traite à sa manière, à toutes les sauces. En 2011, il fait plusieurs spectacles dans le contexte des nouveaux territoires de l’art. C’est également l’Europe qui est au centre des intérêts de son travail artistique. En 2014, il travaillera avec des animaux.

Texte et mise en scène Jean-Baptiste Calame // Assistante à la mise en scène Morgane Naas // Musique Dimitri Calame // Crédit photographique Jean-Baptiste Calame // Avec Réhab Benhsaïne, Charlotte Bouriez, Emile Falk-Blin, Fabien Magry, Aude Ruyter

Une création de Jean-Baptiste Calame avec le soutien de [e]utopia3.

LA VECCHIA VACCA / Salvatore Calcagno

Une femme, silencieuse, les seins vides posés sur les rebords d'une table à manger.

Impossible de parler de la Vecchia Vacca sans un petit détour par ma famille, quelque part entre la Sicile et Charleroi. Ma mère et mes tantes sont dans la cuisine, il fait chaud, ça sent la sauce tomate, les melenzane alla parmigiana, l'Italie. De la fenêtre entrouverte les voisins doivent entendre émerger des cris. Rien d'affolant ; elles ne se disputent pas, c'est leur façon à elles de parler. Ma mère et mes tantes ne se reposent jamais. Elles ont toujours quelque chose à faire, quelque chose à nettoyer, quelque chose à cuisiner. On ne peut rien leur reprocher ; elles font tout ce qu'il faut pour être de bonnes femmes, de bonnes mères. Elles ont toujours peur que je meure de faim. Elles s'inquiètent si je ne me ressers pas, si je ne prends pas de dessert, si je quitte la table trop précipitamment...

Trois femmes s'acharnent sur un veau qui meule. Le manque et l'absence du jeune veau deviennent pour ces femmes une pratique quotidienne active. C'est dans la tâche de préparer une collation à "la Nutella" et donc tartiner, tartiner, sans jamais s'arrêter, que je tente de "donner à voir" ce manque affectif. Ici, le corps et ses blessures sont chorégraphiés et rythmés au son des musiques des émissions télévisées italiennes des années 60, et se construisent telle une "Follia" de Vivaldi. La narration de La Vecchia Vacca est un élan vers l'avant qui se construit au fil d’images successives. Le noir, le gris et le blanc de photos du passé évoluent, l'histoire tend à faire exploser la palette chromatique, gober "la Nutella" et avancer librement.

Salvatore Calcagno. Jeune metteur en scène et comédien, est né en 1990 à La Louvière.  Il voyage beaucoup entre la Sicile et la Belgique. Il commence par s’intéresser à la musique (chant lyrique, guitare, piano) et se destine au théâtre par la suite, un bon moyen pour lui de creuser ses obsessions personnelles visuelles et rythmiques. Il sort de l’INSAS (Institut National des Arts du Spectacle, Bruxelles) en 2012. Il crée Gnocchi en 2011, une courte forme mettant en scène un inceste culinaire entre un jeune homme et sa mère. Ce projet est présenté, dans la même année, à La Balsamine à Bruxelles, dans le cadre du Festival « Printemps précoces » ainsi qu’au Festival « Premiers Actes » à Mulhouse. Il crée La Vecchia Vacca en 2012, son premier spectacle qu’il jouera en 2013 au Théâtre Les Tanneurs à Bruxelles.

Ecriture et mise en scène Salvatore Calcagno // Création lumière et régie Amélie Gehin et Salvatore Calcagno // Costumes Adriana Maria Calzetti // Technique et Accessoires : Sébastien Corbière // Création maquillage Edwina Calcagno // Crédit photographique Michel Boermans // Avec Lucie Guien, Chloé de Grom, Emilie Flamant, Jean-Baptiste Polge, Coline Wauters.

Une création de Salvatore Calcagno avec le soutien de [e]utopia3 et la Fondation Marie-Paul Godenne.

GOOD MOURNING ! VOstbil / Florence Minder

Comment faire face aux réalités de l'existence en solitaire ? Quels moyens trouver pour prendre du recul sur un état de crise ? Ou encore,  quel rôle joue notre langue maternelle sur l'expression  de  nos sentiments ?  Les mots, dans une langue étrangère, peuvent-ils libérer des espaces mentaux jusque-là inconnus ?  Et dès lors opérer comme des outils de résilience ? Pour aborder le sujet de la reconstruction personnelle, Florence Minder, sous les traits d'une anti-héroïne assez énervée utilise tous les ressorts du stand-up à l'américaine : efficacité, humour permanent, sens aigu de "la phrase qui tue". 

Elle a échoué là, seule. Héroïne en mauvaise posture à qui il ne reste presque rien:  à peine quelques paillette et  la désagréable sensation d'avoir perdu toutes ses billes au poker... Finie l'ivresse des grandes aventures ! Place à un chemin  où il ne s'agit plus de la lutte déterminée d'un être contre un être, d'un désir contre un autre désir, ou de l'éternel combat de la passion et du devoir, il s'agit là; de faire voir ce qu'il y a  d'étonnant dans le fait seul de vivre. 

Ce texte, terriblement drôle, malgré ce qu'il porte de dureté, Florence Minder le sublime en utilisant ingénieusement tous les ressorts du stand-up à l'américaine: absence de décor, efficacité, humour permanent et sens aigu de "la phrase qui tue". Pendant plus d'une heure, l'artiste raconte le processus du deuil (" mourning " en anglais... ). La succession des sept étapes du cycle: le choc, le déni, la colère, le marchandage, la dépression, le test et l'acceptation. Et faisant sienne cette phrase de Goethe: " Tu es autant de fois Homme, que de langues que tu parles" l'actrice choisit de faire parler son héroïne en langue étrangère. Du coup, elle introduit une salutaire distance et le procédé lui permet d'utiliser les surtitres bien au-delà de leur simple rôle de traduction. 

Au final, un spectacle qui touche chacun des spectateurs dans son intime émotionnel et où l'on rit, fût-ce jaune, sans arrêt.

Florence Minder. Née à Lausanne en 1981. En 2002, elle arrive en Belgique pour suivre une formation en interprétation dramatique à l’INSAS. De 2005 à 2010, elle travaille comme actrice, notamment sous la direction d’Armel Roussel, Philippe Sireuil, Michel Dezoteux mais aussi Selma Alaoui, Sofie Kokaj, Pierre Megos ou Denis Laujol. En mars 2011, le Théâtre National (TN) lui offre une carte blanche dans le festival de formes courtes XS. Elle crée pour l’occasion Good Mourning ! vostbil. Ce solo marque à la fois les débuts de son travail personnel et de sa collaboration avec le TN désormais producteur de son travail. Questionnant le rapport de l’artiste à son quotidien, Florence Minder réalise en décembre 2011 Calendrier de l’Avent, un projet de 24 jours, pendant lesquels l’actrice produit chaque jour un objet théâtral différent qu’elle présente en après-spectacle dans le foyer du TN. Dans ces deux projets, les moyens techniques sont volontairement extrêmement réduits. L’artiste construit sa pratique uniquement sur l’écriture et la performance en scène. Son univers est drôle, décalé et subtil. Aujourd’hui, l’artiste présente la longue version de Good Mourning ! vostbil, créée au Théâtre National en décembre 2012.

De et par Florence Minder // Collaboration Sébastien Monfè, Brice Cannavo // Crédit photographique : Droits réservés

CREATION | Théâtre National/Bruxelles

HAKO ONNA / Uiko Watanabe

Il y a un livre très connu au Japon qui s’appelle Hako Otoko, ce qui signifie L’Homme-boîte. C’est un livre de l’écrivain Kôbô Abe. Il raconte l’histoire d’un homme qui trouve, un jour, dans son jardin, un homme dans une boîte. Intrigué, il essaie de comprendre ce que peut ressentir cet homme. D’abord quelques heures par jour, dans sa maison puis dehors, il « enfile » une boîte sur sa tête, avec une fente pour les yeux. Ainsi « couvert », son regard sur le monde change et il trouve cela bien. Il finira par passer sa vie dans la boîte, coupé de la société et sans nom.

Le titre de ma pièce est emprunté à ce livre. Dans cette création, une femme trouve son bonheur dans les saisons et regarde sa vie de l’intérieur, du point de vue de la boîte. Je voudrais que ma pièce fasse que le public se rappelle son propre bonheur. Uiko Watanabe

Uiko Wanatabe. Danseuse formée au Japon, en Hollande (SNCD/Amsterdam et EDDC/Ahem) et en France, Uiko Wanatabe commence sa carrière en Belgique en 2002. Elle dansera avec, entre autres, Pierre Droulers, Maria Clara Villa Lobos, Meg Stuart, FatouTraore... En 2008, elle crée La Pièce avec des Légumes au Festival Balsa Marni, ensuite avec les gâteaux en 2009, la dernière scène en 2010 et Hako Onna (la femme/boite) en 2012.

Création et interprétation Kimiko Otaka, Mioko Yoshihara et Uiko Watanabe // Direction technique et lumières Nathalie Borlée // Costumes Sachiyo Honda // Crédit photographique Nathalie Borlée // Chargé de la production et de diffusion Pierre-Laurent Boudet

Un spectacle de la Cie Gekidan U en coprodution avec la Balsamine avec les soutiens de la Fédération Wallonie-Bruxelles, Service de la Danse, du Théâtre des Doms et du Grand Studio.

 

Mise en voix / Performances / concert / petites surprises - Théâtre les Tanneurs

Performances Uiko Watanabe – Arthur Egloff

Mise en voix L’anti-Techernobyl Jean-Baptiste Calame

Quand un garde suisse et un sociologue français se rencontrent pour la première fois au Vatican, c’est le coup de foudre. Une histoire d’amour commence jusqu’au
jour où le pape s’en rend compte. L’ exil commence alors pour nos deux héros et s’achève à Tchernobyl, comme un voyage initiatique au coeur des références du cinéma russe. Texte déconseillé aux obsédés de l’atome.

Texte et mise en voix Jean-Baptiste Calame // Distribution en cours

Petites suprises

Petite surprise 1: Primus Tempus - essai performatif. 9' . Par Chloé de Grom et Romain Cinter.

Petite surprise 2: Burning Down The House - Préparation flashmob - video. 15'. Par Clément Thirion.

Petite surprise 3: Sound Fluffers - show case musique. 20'.

Mises en voix de textes de Sarah Berthiaume

Yukon style / Armel Roussel

Villes mortes / Florence Minder

Le déluge d’après / Selma Alaoui

Sarah Berthiaume. Auteure, comédienne et co-fondatrice de la compagnie Abat-Jour Théâtre (Montréal).
Sa première pièce, Le Déluge après, a reçu le prix de l’Egrégore 2006 et a été mis en lecture lors du 5e Festival Jamais Lu. Ce texte a également été sélectionné par la SACD pour être mis en lecture au Festival d’Avignon avant d’être créé, en 2008, au Théâtre de la Rubrique à Jonquière, puis, en version anglaise, à l’automne 2010, au Théâtre La Chapelle, à Montréal. En 2009, sa pièce Disparitions a été mise en lecture dans le cadre de Dramaturgie en dialogues.
En 2010, elle a signé la mise en scène de Simon a toujours aimé danser de Simon Boulerice, présentée au Théâtre d’Aujourd’hui (Montréal) et à La Marmaille (Limoges) en mars 2011. Sarah Berthiaume a aussi bénéficié de résidences d’écriture à Sainte-Irénée, au Québec, ainsi qu’aux Éditions du Diable Vauvert, dans le sud de la France, pour Yukonstyle. La pièce a été présentée en France pour la première fois en lecture à Limoges, sous la direction d’Armel Roussel, dans le cadre de l’Imparfait du Présent, lors du Festival des Franco phonies 2011, et reprise au Théâtre du Rond-Point à Paris en février 2012. Sa pièce Villes Mortes a été créée dernièrement au Théâtre d’Aujourd’hui et nominée au Prix Michel Tremblay. En plus d’écrire des projets sur les usines, les glissades d’eau, les hôtels, les dinosaures et la porno graphie, Sarah est scénariste pour l’émission Tactik, présentée à Télé-Québec. En tant que comédienne, on a pu la voir dans Martine à la plage, un solo théâtral que son complice Simon Boulerice a écrit pour elle.

Soirée Hors les murs au Bazaar

NousLoveChachacha,

Concert The Philarmonic Bublicious Show

Une production d’Armel Roussel / [e]utopia3 en coproduction avec le Théâtre de Vanves et le Théâtre Les Tanneurs et avec l'aide de la Fédération Wallonie-Bruxelles – Service Théâtre, Wallonie-Bruxelles International, le Centre Wallonie-Bruxelles à Paris, Wallonie-Bruxelles Théâtre/Danse (WBT/D).

Armel Roussel / [e]utopia3 est en résidence au Théâtre Les Tanneurs.