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Eddy Merckx a marché sur la lune

JEAN MARIE PIEMME

Eddy Merckx a marché sur la lune
Eddy Merckx a marché sur la lune, c’est un peu comme une soirée où 11 individus improvisent un film à vue. Un groupe qui est celui des acteurs vont s’emparer des rôles. Ils parlent en leur nom et au nom des personnages. Ils se distribuent les prises de paroles.Ils créent les personnages, les situations, avec flashbacks et chemins de traverse. Et à l’intérieur de ce grand fantasme collectif, ils expriment leurs peurs, leurs craintes, leurs doutes, leurs désirs, leurs pulsions, leurs nostalgies, leurs regrets, leurs humours, leurs énergies, et que cela donne un certain désenchantement du monde mais dans un bordel assez joyeux.
 
Eddy Merckx a marché sur la lune pourrait paraître sombre mais Jean-Marie Piemme réussit ce tour de force d’être toujours « en santé », délicat, drôle, et pertinent. A 72 ans, il livre une pièce d’une extrême jeunesse de pensée et d’énergie car si sa lecture de l’Histoire peut être amère, il n’évacue jamais le désir, ne rend rien irrémédiable, ne moralise pas ni n’accuse ni ne victimise. Il induit, parfois dit, souvent possibilise, et surtout tout le temps capte la vie comme une matière rugueuse, une terre meuble sans visage définitif.
 
Dans Eddy Merckx a marché sur la lune, on parle donc de la vie qui va, des vicissitudes de l’amour et de l’indécision, on y fait des rêves américains et des retours au pays natal, on s’engueule sur les révolutions ratées, les révoltes assoupies, et on danse sur les cendres de mai 68. Dans Eddy Merckx a marché sur la lune, on repense à ses parents, aux odeurs de l’enfance, on est nostalgique de quelque chose qu’on est pas sûr d‘avoir vécu, on crée la fête, on divague, on refait La Chinoise de Godard, on se déchire, on s’embrasse, on se quitte et on tente de se consoler, on meurt sous les tirs et on parle, on parle beaucoup pour se donner du baume au cœur. Dans Eddy Merckx, on vit. 

Eddy Merckx a marché sur la lune sera une forme simple au plus près du spectateur, comme un corps amoureux qui vient se blottir et nous donne encore le goût d’être ensemble malgré les atrocités du monde.

Avec Tom Adjibi, Romain Cinter, Sarah Espour, Sarah Grin, Julien Jaillot, Antonin Jenny, Pierre-Alexandre Lampert, Vincent Minne, Nathalie Rozanes, Sophie Sénécaut, Aymeric Trionfo // Mise en scène et scénographie Armel Roussel // Assisté de Julien Jaillot // Collaration artistique Antonin Jenny // Création Lumières Amélie Géhin // Création Son Pierre-Alexandre Lampert // Création Vidéo (à confirmer) // Direction Technique Rémy Brans // Production Gabrielle Dailly
 
Une création de [e]utopia3 en coproduction avec le Festival des Francophonies en Limousin, le Centre Dramatique National du Limousin, le Théâtre Les Tanneurs et la COOP asbl. Avec l’aide de la Commission Communautaire Française, du Centre des Arts scéniques et du tax-shelter du gouvernement fédéral belge. 
 
[e]utopia est une compagnie subventionnée par la Fédération Wallonie/Bruxelles – Service Théâtre.
Armel Roussel / [e]utopia est en résidence administrative au Théâtre Les Tanneurs . 
Armel Roussel / [e]utopia[4] fait partie des Créations Studio du Théâtre National/Wallonie-Bruxelles.